Dans ce guide
Le Mavic 501 : le moyeu des années 1990
Mavic, c'est la Manufacture d'Articles Vélocipédiques Idoux et Chanel, fondée à Lyon en 1889. La marque est connue pour ses jantes, mais ses moyeux ont marqué leur époque : le premier, le Mavic 500, sort en 1975 avec des roulements à cartouche étanches et réglables, quand presque tous les moyeux de course tournaient encore sur des billes, entre cuvettes et cônes.


Le 501 en est la dernière génération. Il apparaît dans les catalogues Mavic de 1992, à l'avant comme à l'arrière, en 126 mm et de 24 à 36 trous ; vers 1995, l'arrière passe en 130 mm avec une entretoise amovible, et l'inscription « Mavic 501 » fait le tour du corps. L'arrière reçoit une roue libre vissée au filetage ISO. Certaines sources le font remonter à la fin des années 1980 : la date exacte reste incertaine.
Mavic présente aujourd'hui son moyeu MR801 comme l'héritier « des célèbres moyeux d'autrefois (501, 571…) ». Sur un 501, on vérifie d'abord les roulements : on mesure la cartouche avant d'en commander une, plutôt que de se fier à une référence trouvée en ligne.
Edco Competition : le moyeu suisse
Les lettres EDCO viennent d'E. DUbied & CO, une entreprise fondée en 1867 à Couvet, dans le Val-de-Travers neuchâtelois, d'abord connue pour ses machines à tricoter. Elle fabrique des pièces de vélo sous le nom edco dès le début du XXe siècle, puis des moyeux et des boîtiers de pédalier à partir de 1930, selon sa propre brochure.

Dans les années 1980, Edco produit des groupes Competition avec ses propres pièces à roulements de précision, dont ces moyeux. Andrew Muzi, mécanicien américain, les décrit comme des moyeux suisses à cartouches étanches « de bonne qualité » et « très bien faits », en 120, 126, 130 et même 140 mm pour les tandems. Il prévient aussi : leur axe est propre à Edco, et il doute qu'on en trouve un pour changer l'écartement.
L'entreprise Dubied fait faillite en 1987 ; Edco continue sous d'autres propriétaires, puis passe en mains néerlandaises dans les années 2000. Sur la paire de l'atelier, l'arrière garde son filetage de roue libre : on le voit au premier plan de la photo de tête.
Des flasques hauts ajourés : qui les a percés ?
Dans l'atelier, une autre paire intrigue : des moyeux à flasques hauts, caches rouges et petite étiquette rouge sur le corps, dont les flasques sont ajourés de découpes irrégulières. Nous n'avons pas pu identifier la marque ; une piste, signalée sur un forum et encore à vérifier, mène aux Normandy Luxe Compétition français.


Les flasques hauts étaient souvent évidés d'usine pour les alléger, note Sheldon Brown. Mais des découpes irrégulières font penser au « drillium », la mode des années 1970 qui consistait à percer les pièces à la main pour les alléger. En décembre 1973, la revue Bike World y consacrait un article, en prévenant déjà que le perçage ne rend pas plus rapide et qu'un travail mal fait est dangereux.
C'est une hypothèse, pas un fait : seul un marquage sur le flasque ou le contre-écrou le dirait. Vous reconnaissez ces moyeux ? Écrivez à Yoann.
Avant de remonter : ce que l'on vérifie sur un moyeu ancien
L'écartement arrière
C'est la largeur entre les écrous de blocage, celle que le cadre doit recevoir. Elle a suivi le nombre de pignons :
| Époque | Écartement |
|---|---|
| Fin des années 1950, roues libres à 5 vitesses ; presque tous les vélos des années 1970 | 120 mm |
| Roues libres à 6 vitesses, puis 7 vitesses étroites des années 1980 | 126 mm |
| Début des années 1990, 8 vitesses | 130 mm |
| VTT, et route à freins à disque | 135 mm |
Un cadre acier se réaligne à froid si l'on gagne plus d'une taille (de 120 à 130 mm, par exemple) ; sur un moyeu comme le Mavic 501, une entretoise permettait de passer de 126 à 130 mm.
Le filetage de roue libre
Un moyeu arrière ancien reçoit une roue libre vissée, pas une cassette. Les filetages ne se mélangent pas : ISO (1,375 pouce × 24 filets), anglais (1,370 × 24), italien (35 × 24) et français (34,7 × 1 mm). Une roue libre française se bloque sur un moyeu ISO ; une roue libre ISO, elle, ne tient pas sur un moyeu français et finit par glisser. On ne force jamais : une cuvette gauche de pédalier ISO doit se visser facilement dans la roue libre si le pas est ISO.
Les roulements
- Cuvettes et cônes : des billes libres, réglées par les cônes. Le roulement se nettoie, se graisse et se règle ; une cuvette piquée condamne souvent le moyeu.
- Cartouches (Mavic, Edco) : des roulements complets, qui se changent. Les cartouches réglables se règlent sous charge, recommande Sheldon Brown.
Les flasques et l'axe
Chaque trou de flasque est inspecté : pas de fissure entre deux trous, pas d'ovalisation. L'axe doit être droit ; s'il est propre à la marque, comme sur les Edco, il faut le garder en bon état.
Le standard de presque toutes les roues pendant des décennies, hors Angleterre. Un moyeu ancien a souvent 36 trous : la jante doit avoir le même perçage.
Source : Sheldon Brown, glossaire.Rayons et écrous : adapter le neuf à l'ancien
Les rayons, eux, se remplacent : on ne connaît ni leur âge, ni les chocs qu'ils ont vus. Le point délicat est le trou du flasque. Pour John Allen et Sheldon Brown, le coude du rayon doit le remplir : s'il a du jeu, le rayon travaille à chaque tour et casse par fatigue. Le problème est fréquent sur les petits flasques à 36 trous.
- Une rondelle sous la tête rattrape le jeu (DT Swiss en fait pour cela).
- Un rayon renforcé sous la tête, comme le DT Alpine III de l'atelier (2,34 mm sous la tête, 2,0 mm au filetage), remplit un grand trou.


La longueur se calcule comme pour un moyeu neuf, avec deux mesures prises sur le moyeu lui-même : le diamètre de perçage des flasques et leur distance au centre. Le calculateur de longueur de rayon fait le reste, côté par côté. Les grands flasques, eux, donnent une roue un peu plus rigide latéralement, selon Sheldon Brown.
Quelle jante pour une roue ancienne
On garde la jante d'origine si elle est saine : pas de fissure aux œillets, une piste de freinage encore épaisse, une jante droite. Sinon, une jante neuve au même diamètre et au même perçage fait l'affaire.

La jante de la photo porte un autocollant Mavic jaune et vert, « Made in France ». D'après VeloBase, la MA2 apparaît en 1986, polie, en 622 et 630 mm ; son autocollant rouge et vert de 1986 et 1987 cède ensuite la place au jaune et vert. Celle-ci serait donc postérieure à 1987. La MA40, même profil anodisé gris foncé, se distingue à la couleur : à vérifier sur la pièce.
Le bon diamètre
- 622 mm (ISO), le « 700C » : la plupart des vélos de route. Les jantes à boyau de taille normale ont le même diamètre.
- 630 mm, le « 27 pouces » : vélos anglais et américains, et les modèles français d'exportation.
- 584 mm, le « 650B » : randonneuses françaises.
Le diamètre est frappé sur la jante ou imprimé sur le pneu ; en cas de doute, Yoann le mesure.
